Pathologies liées à la
lamine : un nouveau champ d’investigation très prometteur
aux confins du muscle et des mécanismes du vieillissement
prématuré
Les laminopathies représentent un groupe de maladies
hétérogènes cliniquement et génétiquement, dues à des
défauts des lamines A/C, auquel appartiennent entre
autres la dystrophie musculaire d’Emery-Dreiffus autosomique
dominante (DMED-AD), une myopathie des ceintures, une
forme de maladie de Charcot-Marie-Tooth, et des syndromes
de vieillissement prématuré.
Depuis deux ans, la recherche s’est accélérée dans ce
domaine avec la découverte de neuf nouvelles pathologies
et la compréhension progressive du mécanisme physiopathologique
qui les sous-tendent.
Les lamines A/C sont des protéines localisées sous la
membrane qui entoure le noyau de la cellule lequel contient
les chromosomes. Elles sont codées par un seul gène
LMNA. Le processus de maturation de la lamine A dépend
d’une enzyme appelée ZMPSTE24 ou FACE-1. Des études
récentes ont montré que certains syndromes gravissimes
de vieillissement prématuré étaient dûs soit à des mutations
de LMNA soit à des mutations du gène FACE-1. Nicolas
Lévy (professeur de génétique à l’hôpital de la Timone
à Marseille et spécialiste des laminopathies) a fait
état d’une avancée majeure dans la compréhension du
mécanisme physiopathologique de deux très rares syndromes
du vieillissement prématuré (la progeria de Hutchinson-Gilford
et la dermopathie restrictive) : ceux-ci seraient probablement
en rapport avec une accumulation toxique du précurseur
de la lamine A (pré-lamine A) dans le noyau. En effet,
en l’absence de FACE-1 ou à cause de mutations précises
de LMNA, la pré-lamine A ne subit pas sa phase de maturation
habituelle et s’accumule dans le noyau. De plus, des
études in vitro et in vivo, sur des modèles de souris
de ces pathologies, ont montré que la réduction du niveau
de pré-lamine A peut non seulement corriger les anomalies
des noyaux cellulaires atteints mais également les anomalies
cliniques, et ceci de façon spectaculaire et stable.
Ces observations constituent un espoir très concret
vers l’application de stratégies thérapeutiques chez
les patients atteints de ces maladies génétiques particulièrement
invalidantes.
> Conférence plénière de Nicolas Levy
du mercredi 11 mai 8h30