2005
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Jeudi 12 mai 2005 : Perspectives thérapeutiques dans les maladies neuromusculaires

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Myologie 2005 - Jeudi 12 mai
  • DMD : résultats encourageants avec la micro-dystrophine
  • Thérapie génique dans le muscle de singe : des résultats encourageants
  • Cellules Treg : premier protocole au monde pour le traitement d’une pathologie auto-immune
  • Sur la voie des essais cliniques pour le saut d’exon dans la DMD
  • La technologie au service de la visualisation du muscle
  • Les cellules adipeuses, thérapie de demain ?
  • Le PTC124 : une piste thérapeutique pharmacologique prometteuse pour la dystrophie musculaire de Duchenne
DMD : résultats encourageants avec la micro-dystrophine
 
La thérapie génique utilisant une « micro-dystrophine » par voie intraveineuse donne de bons résultats chez différents animaux modèles de la dystrophie musculaire de Duchenne (DMD). Telle est la conclusion tirée par l’équipe de J. Chamberlain de l’Université de Washington lors du Congrès de Myologie à Nantes.
Pour préserver la fonction musculaire, la dystrophine doit posséder certains domaines fonctionnels essentiels jouant le rôle de lien mécanique entre l’actine du cytosquelette et la matrice extra-cellulaire. Les chercheurs ont choisi une micro-dystrophine humaine (ayant en moins les 20 répétitions « spectrin-like » ainsi que le domaine C-terminal) et les vecteurs viraux AAV recombinants « rAAV6 ».
Myologie 2005 - Jeffrey Chamberlain
Pour préserver la fonction musculaire, la dystrophine doit posséder certains domaines fonctionnels essentiels jouant le rôle de lien mécanique entre l’actine du cytosquelette et la matrice extra-cellulaire. Les chercheurs ont choisi une micro-dystrophine humaine (ayant en moins les 20 répétitions « spectrin-like » ainsi que le domaine C-terminal) et les vecteurs viraux AAV recombinants « rAAV6 ».

L’injection de rAAV6/micro-dystrophine a été réalisée chez les souris mdx : souriceaux et également souris âgées de 19,5 mois. Les résultats ont montré une expression de la dystrophine dans l’ensemble des muscles de la souris. Le taux sérique de CPK, un marqueur de la pathologie, était diminué. Une amélioration des performances fonctionnelles a été observée : augmentation de la masse corporelle, de la masse musculaire et de la force musculaire. Chez les souris âgées, la correction des lésions morphologiques pré-existantes était limitée.
Le chien, modèle animal de taille 100 fois plus grande que la souris, a été utilisé pour la première fois avec cette approche. Les résultats ont montré une expression initiale importante de la dystrophine.
> Jeudi 12 mai (matin), conférence plénière de Jeffrey Chamberlain (Thérapie génique du muscule squelettique par voie systémique et à l'aide d'AAV).

Cellules Treg : premier protocole au monde pour le traitement d’une pathologie auto-immune

L’administration d’un transgène par les vecteurs rAAV chez les primates non humains dans le muscle squelettique s’avère possible. Telle est la communication faite par P. Moullier ( CHU-EFS-Inserm, UMR U649 Nantes) lors du congrès de Myologie de Nantes.
Des publications ont déjà rapporté à ce jour la bonne tolérance des transgènes hétérogènes contenant le gène de la dystrophine humaine dans les modèles murins mais c’est la première fois que ce type d’expérimentation (avec un rAAV et un gène rapporteur) est réalisé chez le singe. La durée et les niveaux de transduction sont remarquables. Une seule administration percutanée chez le singe permet une expression du transgène au-delà de 6 ans sans signe de toxicité. Cependant, le vecteur ne diffuse que très peu. La perfusion isolée du membre est une alternative à l’administration percutanée. Les résultats préliminaires d’études chez le macaque suggèrent la faisabilité de cette approche.
A noter enfin que les réactions immunologiques chez la souris ne sont pas complètement superposables chez les primates, ceci revêtant une importance majeure pour le développement des futurs essais cliniques chez l’homme.
> Jeudi 12 mai (matin), communication de Philippe Moullier (Transfert de gène dans le muscle de primate à l’aide de vecteurs rAAV).

Cellules Treg : premier protocole au monde pour le traitement d’une pathologie auto-immune

Les lymphocytes T régulateurs (Treg) jouent un rôle majeur dans la prévention des maladies auto-immunes. Le potentiel thérapeutique des Treg a été démontré dans de nombreuses pathologies auto-immunes dont les polymyosites chez la souris par l’équipe de D. Klatzmann (CNRS, laboratoire de biologie et thérapeutique des pathologies immunitaires, Paris).
Parallèlement, les chercheurs ont mis au point les conditions nécessaires à la purification et l’expansion des Treg humaines pour une utilisation clinique. Les données pré-cliniques et la méthodologie développée vont permettre la mise en route d’un protocole clinique dans les polymyosites au 1er trimestre 2006. 
Par ailleurs, il est à noter l’intérêt de l’utilisation potentielle des cellules Treg dans des pathologies telles que le diabète, le lupus, la sclérose en plaques, ainsi que pour le traitement des rejets anti-greffe.
> Jeudi 12 mai (matin), communication de David Klatzmann (Nouvelles approches thérapeutiques des pathologies musculaires inflammatoires).

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Sur la voie des essais cliniques pour le saut d’exon dans la dystrophie musculaire de Duchenne

La dystrophie musculaire de Duchenne (DMD) est une maladie neuromusculaire due à des mutations dans le gène de la dystrophine. Dans environ 75% des cas, la mutation entraîne un décalage du cadre de lecture aboutissant à la synthèse d’une protéine non fonctionnelle.

Le saut d’exon (exon-skipping) a pour objectif de supprimer la partie du gène comprenant la mutation afin de rétablir le cadre de lecture et de permettre à la cellule de fabriquer la protéine manquante (la dystrophine). Récemment, Luis Garcia et son équipe (Généthon à Evry) ont réussi grâce à cette technique du saut d’exon (mono-exon) à rétablir la production d’une dystrophine tronquée mais fonctionnelle chez la souris. Pour ce faire, les chercheurs ont utilisé un vecteur AAV (adeno associated Virus) qui a permis d’introduire dans la cellule le gène U7 produisant un petit ARN (du noyau cellulaire). Celui-ci va masquer l’exon défectueux et ainsi rétablir le cadre de lecture dans la cellule. Après injection intra-musculaire ou perfusion intra-artérielle de ce couple AAV-U7 chez la souris mdx, l’expression de la dystrophine a été restaurée dans les plupart des fibres musculaires et les capacités motrices des animaux traités étaient équivalentes à celles des animaux sains.
La suite de ces travaux a été présentée au cours du congrès Myologie 2005 par Luis Garcia. Un an après, le niveau d’expression de la dystrophine est toujours stable dans les muscles de souris traitées par le saut d’exon (AAV-U7). De plus, les chercheurs ont commencé à appliquer cette même technique du saut d’exon chez le chien GRMD (modèle de la DMD). Il est à noter que chez ce modèle animal, il est nécessaire de « sauter » plusieurs exons (saut multi-exons) pour rétablir le cadre de lecture. Le saut multi-exons ainsi testé in vivo, ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques chez les patient DMD pour lesquels le saut mono-exon est insuffisant. Par ailleurs, les chercheurs ont développé de nouveaux vecteurs (AAV et lentivirus) destinés à être utilisés chez l’homme. Ces résultats majeurs permettent d’envisager à présent l’application du saut d’exon thérapeutique chez l’homme.
> Jeudi 12 mai (matin), conférence plénière de Luis Garcia (Correction pérenne d'une forme de dystrophie musculaire à l'aide d'un AAV couplé à un saut d'exon thérapeutique très efficient).

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La technologie au service de la visualisation du muscle

Lors du congrès de Myologie 2005, D. Stockholm (Généthon, Evry) a présenté les résultats de travaux concernant de nouvelles stratégies d’imagerie associant l’utilisation de microscopes fluorescents et de protéines chimériques fluorescentes récemment développées. Cette nouvelle technologie a pour but d’étudier les muscles squelettiques au niveau macroscopique, sub-cellulaire, aussi bien qu’au niveau moléculaire chez la souris vivante.
De telles prouesses technologiques ouvrent des perspectives considérables d’une part, pour l’étude des processus physiologiques et pathologiques et d’autre part pour l’évaluation des thérapeutiques in vivo chez les petits animaux. L’animal devient ainsi son propre contrôle pour le suivi des nouvelles thérapeutiques et il n’y a donc plus de nécessité à le sacrifier.
> Jeudi 12 mai, 15h, communication de Daniel Stockholm (Imagerie par fluorescence du muscle squelettique chez la souris in vivo : de l’observation de l’organe à la détection de l’activité moléculaire).
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Les cellules adipeuses, thérapie de demain ?

Longtemps considéré comme un simple organe disgracieux de stockage des lipides, le tissu adipeux se révèle, depuis peu, être un véritable réservoir de cellules souches, capables de donner naissance à des cellules cardiaques, vasculaires, osseuses,voire musculaires... En injectant des cellules souches de tissu adipeux humain, des équipes de chercheurs du CNRS et de l'Inserm ont réussi à régénérer des cellules musculaires humaines, sans réaction de rejet.
Ces travaux prometteurs chez la souris ont été présentés jeudi 11 mai au congrès Myologie 2005. Ils représentent un réel espoir dans le traitement de pathologies musculaires, notamment les myopathies de Duchenne, une maladie héréditaire grave se traduisant par une atrophie progressive de tous les muscles.
En 2004, l'équipe CNRS-Inserm de Louis Casteilla avait démontré qu'il était possible d'obtenir, in vitro, des cellules cardiaques à partir de cellules adipeuses. Parallèlement, les équipes Inserm de Bernard Lévy en collaboration avec l'équipe de Louis Casteilla et l'équipe de Anne Bouloumié montraient que ces mêmes cellules pouvaient chez la souris se transformer en cellules constituant les vaisseaux sanguins.
En 2005, les équipes de Christian Dani, chercheur Inserm et directeur du laboratoire «Cellules Souches et différenciation» et Gérard Ailhaud, UMR 6543 CNRS (Institut de signalisation, biologie du développement et cancer) ont réussi à obtenir, à partir de tissu adipeux de jeunes donneurs, des cellules souches multipotentes dénommées hMADS («Human Multipotent Adipose Derived Stem Cell»). Les résultats ont montré qu’une cellule souche hMADS est capable de donner naissance in vitro à une cellule musculaire, osseuse, adipeuse ou de cartilage, en fonction de son environnement.
Transplantées en faible quantité chez la souris mdx (modèle animal de la dystrophie musculaire de Duchenne), ces cellules souches du tissu adipeux n'ont pas été rejetées en l'absence de traitement immunosuppresseur et ont conduit à une expression importante et à long terme de dystrophine humaine. Selon le Pr Gérard Ailhaud, « ces résultats prometteurs ouvrent des perspectives d'allotransplantation de telles cellules chez des patients atteints de maladies musculaires. » Ces travaux ont donné lieu au dépôt d'un brevet international.
> Jeudi 12 mai, 16h15, communication de Louis Casteilla (Tissu adipeux : un réservoir de cellules souches à visée thérapeutique).

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Le PTC124 : une piste thérapeutique pharmacologique prometteuse pour la dystrophie musculaire de Duchenne

La dystrophie musculaire de Duchenne (DMD) est une maladie neuromusculaire due à des mutations dans le gène de la dystrophine. Dans 15% des cas, les mutations provoquent la formation d’un codon stop* prématuré (CSP), entraînant la synthèse d’une dystrophine incomplète et non fonctionnelle. Une des stratégies thérapeutiques pour la DMD consiste à empêcher la machinerie cellulaire de reconnaître ce signal stop pour qu’elle continue à synthétiser la protéine jusqu’à la fin. Ce processus s’appelle la « translecture » du CSP. Dans cette optique, le professeur Lee Sweeney (Université de Pennsylvanie à Philadelphia) et son équipe ont testé l’efficacité du PTC124 (une drogue capable de translire les CSP) sur les souris mdx.
La prise orale quotidienne de PTC124 a entraîné la suppression du CSP pathologique chez la souris mdx et a rétabli l’expression de la dystrophine. De plus, le PTC124 a restauré partiellement les performances fonctionnelles des animaux. Après avoir confirmé l’efficacité du PTC124 sur les CSP chez des rats et des chiens, les chercheurs ont réalisé un essai clinique de phase I sur des personne saines. Cet essai randomisé, en double aveugle, et contre placebo a montré que le PTC124 était bien toléré jusqu’à la dose de 100mg/kg et n’induisait pas la translecture de codons stops naturels dans d’autres gènes. Ces résultats très encourageants ont poussé l’équipe de Lee Sweeney à mettre en place un projet d’essai clinique de phase II pour des patients atteints de DMD. Un protocole a été proposé et la discussion est en cours avec la FDA (Food and Drug Administration). Ces travaux représentent une grande avancée thérapeutique à la fois dans la DMD et d’autres maladies comme la mucoviscidose et l’hémophilie. C’est la première fois que des chercheurs ont réalisé une correction génétique tout simplement par voie orale. * Un codon stop est un petit morceau d’ADN (trois nucléotides) qui ne code aucun acide aminé mais désigne la fin du message génétique sur un ARN messager et par conséquent la fin de la synthèse de la protéine.
> Jeudi 12 mai, 17h30, conférence plénière de Lee Sweeney (Suppression des codons avec stop prématuré).
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